Une toilette sèche fonctionne sans chasse d’eau. Elle collecte les excrétas dans un réceptacle, et doit assurer le stockage, la maîtrise des odeurs et le traitement (souvent par compostage) selon un protocole précis.
Toilettes sèches : la définition réglementaire
La réglementation applicable à l’assainissement non collectif, article 17, mentionne les toilettes sèches comme une solution « sans apport d’eau de dilution ou de transport ».
Le fonctionnement des toilettes sèches expliqué simplement
Une toilette sèche écologique remplace l’eau d’évacuation (réseau + station) par une logique de collecte > maîtrise des flux > vidange > filière de traitement/valorisation.
2 modes de fonctionnement, 2 logiques de gestion
On distingue deux familles de toilettes sèches avec des contraintes d’exploitation différentes : les toilettes à compost et celles dites « à séparation des urines ».
Fonctionnement des toilettes sèches à compost
Dans une toilette à compost, tout tombe dans le même bac (urines, selles, papier). À chaque passage, l’utilisateur ajoute un apport carboné (sciure, copeaux, feuilles, paille…). Le rôle de cet apport est double : absorber les liquides et retenir les odeurs.
La performance dépend beaucoup du mélange utilisé. Les matériaux fins absorbent bien, mais laissent moins circuler l’air. Les matériaux plus grossiers aèrent mieux, mais absorbent moins.
Il est donc recommandé de mélanger les deux (fins et grossiers) pour garder à la fois l’absorption et la circulation d’air.
Une fois le réceptacle plein, la matière est vidée vers une zone de compostage étanche, protégée de la pluie et pensée pour éviter tout écoulement.
Fonctionnement des toilettes à séparation des urines
Une toilette séparative facilite l’entretien et limite les odeurs. Deux variantes sont possibles.
La séparation à la source : une cuvette spécifique dirige les urines vers un tuyau d’évacuation raccordé à l’installation de traitement des eaux ménagères. Les matières solides tombent dans un autre réceptacle, où elles sont partiellement déshydratées grâce à une ventilation qui évacue l’air chargé d’odeurs.
La séparation gravitaire : urines et solides arrivent ensemble, puis les urines sont drainées vers le bas du bac et sont évacuées. Les solides sont traités ensuite (compostage ou lombricompostage, dans le bac ou après vidange).
Ce qui contrôle réellement les odeurs dans les toilettes sèches
Les odeurs dans les toilettes sèches sont presque toujours un problème de liquides et/ou de ventilation.
Dans une toilette à compost, l’odeur apparaît quand le mélange est trop humide ou pas assez aéré. L’ajout carboné sert justement à absorber et à limiter les odeurs.
Dans une toilette séparative, la ventilation sert à évacuer les odeurs pendant la phase de stockage des solides (ce n’est pas un traitement, mais une préparation avant vidange).
En pratique, le levier le plus efficace est aussi le plus élémentaire. Il suffit d’éviter l’humidité stagnante (absorption/séparation) et d’assurer un flux d’air constant (ventilation).
Vidange : des fréquences très différentes selon les modèles
La fréquence dépend d’abord de la taille du réceptacle et du type de solution.
Pour un compostage sur une aire extérieure, la vidange du bac « toilette » peut être faite 2 fois par semaine ou plus selon le nombre d’utilisateurs.
Avec un composteur intégré (de grand volume), la vidange peut être beaucoup plus espacée.
Pour les toilettes compactes, la fréquence peut aller de plusieurs semaines à quelques mois.
Toilettes sèches non raccordées : un exemple d’exploitation à Cergy
Les toilettes sèches sont aussi utilisées quand un raccordement au réseau n’est pas possible, par exemple sur des sites d’habitat précaire. À Cergy, un chantier d’installation de trois toilettes sèches en bois a été mené pour un coût de 432 €. Les cabines ont ensuite été louées 1 152 € pour trois mois auprès d’un prestataire assurant aussi la vidange et le réassort.
Les acteurs de ce projet ont noté deux points importants concernant l’exploitation :
- L’entretien est très régulier, avec des coûts de fonctionnement qui peuvent monter
- L’appropriation et le bon usage demandent une forte médiation (règles strictes, supports visuels…)
Ce que la réglementation exige, en pratique
L’article 17 de l’arrêté encadrant l’installation des toilettes sèches dans le champ de l’assainissement non collectif pose 3 exigences :
- Pas de nuisance pour le voisinage
- Pas de rejet liquide hors parcelle
- Pas de pollution des eaux superficielles ou souterraines
Il est aussi impératif de sécuriser la phase de compostage pour limiter les risques sanitaires, et examiner le cadre applicable à la valorisation des matières issues de ces procédés.
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